Randonnée Lac du Tanay, Le Fossau

Planning, horaires (trains..), conditions… et récit-journal libre.

Planning, horaires

Plans des deux itinéraires, vendredi 19 juillet et lundi 29 juillet 2024

 Randonnée au lac de Taney du vendredi 19 juillet et lundi 29 juillet 24

Récit-Journal

Ce journal-récit rapporte avec plus ou moins de rigueur une fraction de temps vécu seul au cours de ces  deux randonnées, occasion de présenter une vitrine subjective sur le monde réel et imaginaire que j’ai vécu et éprouvé dans cette situation avec plus ou moins de recul et d’humour; de brefs échanges de paroles , d’intentions, de croyances d’intentions, mes pensées ,de vécus anciens, observations, mes hypothèses et raisonnements, théories, croyances et jugements généraux sans entrave mais décents avec peu d’information directe sur ma personne, relatant plutôt ce que cette situation particulière en dehors de toute problématique de vie personnelle ou de société m’insuffle dans ma condition de vie humaine faisant certainement écho à celle d’une autre vie solitaire ou non qui y trouverait quelque intérêt et c’est aussi une occasion de transformation, commençant déjà par l’écriture qui peut être un moyen d’arrêter le temps, de déblayer le flou et de rechercher la clarté.

Retravaillé quelque peu pour le rendre lisible et laissé volontairement les passages flous, incohérents , mal écrit..; il comporte un contenu de conscience tramé sur un socle d’effort pénible de la montée dans la nature, d’une situation de “vacance”, avec des questionnements que l’on connaît aux tournants des cycles annuels , dans ce cas particulier où la faible présence humaine nous donne l’occasion rencontrer l’être en soi, d’échanger dans une situation toute hasardeuse et sans directive, de s’interroger du sens de notre existence , de ce que l’on est,  ce que l’on veut, ce que l’on doit faire, (E. Kant), jalonnés de courts échanges qui peuvent prendre des dimensions imaginaires intéressantes ou métaphysiques , en survolant le vécu d’un chemin de croix, fait d’interrogations pragmatiques de durée, de directions, de “calculs” divers, d’échanges anodins, d’observations et de plaisirs tirés de l’effort et de la beauté de la nature.  

Les débuts

Lorsque j’ai projeté de « fuire la civilisation », on arrivait déjà vers la fin du festival de Montreux, l’expérience m’avait déjà bien instruit par le passé sur la conséquence que ce rassemblement affolant d’hommes et de femmes qui ne savent pas au fond ce qu’ils y cherchent, si ce n’est exception faite de vouloir communier avec la musique choyée et partagée avec leur idole ou l’artiste en présence réelle et qui les touchent , retrace et rappelle un passé heureux ou de vouloir se retrouver en bandes de fêtards, fêter une fin ou un début, …etc. ,  autrement  rechercher un sens à cette communauté d’êtres humains prise en dehors de toutes astreintes de vie, nue, une expérience première de foule en « vacances», faire de simples rencontres ou une rencontre miraculeuse…etc.

Le besoin de ne pas me perdre dans l’absurde de ces retrouvailles, de ce bain de foule qui nous captive et rappelle, mais qui finit par en interroger le sens et la condition artificielle, et de vouloir alors justement rechercher à se retrouver soi-même, condition peut-être fondamentale pour s’y sentir bien et bien en profiter, comme je l’avais vécu avant les années 2020, ces nécessités m’ont assez vite donné l’envie de faire des randonnées salutaires.

Le début des vacances et de l’été battait son plein, la nouveauté de cette condition était idéale, puisque de plus on était au début de l’arrivée de la chaleur et l’acclimatisation venait à peine de commencer, on n’était pas encore épuisé par la chaleur durable et incessante qui allait s’annoncer. Il eut fallu expoiter cette fraîcheur d’état d’esprit pour partir de suite. Mais, cette année la chaleur arrivant tard, la mise en condition a à mon avis accentué ma tergiversation. Je projetais d’aller en Hongrie, pays fantasmé que j’ai beaucoup aimé à la première visite, il y a si longtemps, avec le désir si ancien d’y retourner et m’inscrire dans un programme de cours de langue que j’ai déjà un peu étudié, mais finalement, ce démarrage lent, mon hésitation m’en ont dissuadé, et mon engouement s’est focalisé déjà sur de simples journées, du moins pour me mettre en condition.

Je ne savais pas vraiement où aller. J’avais été à Caux l’année précédente et l’expérience sportive était intéressante, mais, on ne se retrouve pas vraiment dans la nature, sauf lorsqu’on arrive enfin tout en haut et de plus il n’y a  pas de cours d’eau pour se raffraîchir, ni lac, pour moi qui adore nager. J’ai alors cherché du côté des lacs, il y en a de multiples.

Je suis tombé sur le lac de Tanay, tout proche d’ailleurs, et en Valais, (pour moi c’est déjà un peu exotique et me rappelle de bon souvenirs) et sur le moment je ne me suis même pas souvenu que j’ai du y aller par le passé avec mon ex amie. Cela remontant à si loin, je ne me souviens même pas de l’effet de cette sortie sur moi. Les conditions de visite à deux avec des choix à faire, ne sont pas les mêmes que lorsqu’on décide de partir seul. Personnellement, je préfère le voyage solitaire, tant qu’au sein du couple ou du groupe, les individus ne sont dans un certain état de « liberté relative », conditionnée par un état de liberté absolue ou du moins que la destination visée réponde à un véritable désir partagé et dans de bon état d’esprit non parasité par le quotidien….

Enfin, c’était décidé. Je me suis mis à faire des plans et calculateur Excel. La fièvre de créativité m’a emporté, j’ai même eu l’idée de développer un algorithme à appliquer sur mon site, ou sur un nouveau dédié aux gens qui souhaitent optimiser leur agenda journalier d’itinéraire , de durée de transport, de randonnée, ..etc , ceci idéalement à généraliser, enfin tout un outil fourni par un formulaire avec rendus intéressants (départs et itinéraires proposés en fonction de différents autres paramètres), ça n’existe pas spécifiquement ou c’est de la m. . Tout ça étant bien joli, programmé et intéressant et je devais renter le soir vers 19h. J’ai fini par démarrer la sortie en début d’après-midi, les deux fois, même en m’allongeant un moment une fois ! insomnies épisodiques.  Et je me souviens d’ailleurs un des sujets de désaccord avec mon ex, ce qui peut-être explique la raison de mon oubli de cette visite, c’est qu’elle voulait impérativement partir tôt le matin, et moi quand je le sentais, sans la pression du soir. Je l’entend dire «  mais, Saba tu ne te rends pas compte., [les horaires,..] .rentrer pour X heure..tu verras » et moi comme Dimitri… « moi jamais fatigué, partir tout droit même vitesse…si, si arriver sans problème !  ». Tu parles, le premier démarage, d’ailleurs trop rapide, je l’ai senti passer et j’ai du sérieusement ralentir. Mais tout de même, on est en vacances, non ? Pourquoi se forcer ? Tout ça pour profiter comment ? Dans un état groggy-sommnolent au souffle de rhinocéros qui n’est pas bien reposé sous des poussées compensatoires survoltées , adrénergiques… Ah ça doit être la spécialité spécifique des femmes, le démarrage matinal, phylogénétiquement rendue ceuilleuse… Enfin bon.

La montée (19 juillet 24)

La première journée était finalement un peu bordelique, malgré le joli mini logiciel que j’avais créée, j’ai manqué Villeneuve et suis descendu à Aigle. Inquiet pour le temps serré, je me suis renseigné auprès des agents des CFF et cars postaux. « Il y a beaucoup de possibilité pour aller à Vouvry ». En effet, ça a été facile, malgré les multiples changements.

Arrivée vers les 14h. Le village de Vouvry a beaucoup de charme. Je l’ai traversé d’est en ouest et au bout, j’ai hésité entre la route, chemin de randonnée officiellement recommandé et un chemin le long de la rivière Le Fossau. J’ai décidé de prendre ce dernier. Tout au long je n’ai rencontré personne. En fait, les visiteurs prennent encore un bus jusqu’au bas du lac, au parking du Flon ou même plus haut en voiture. Donc personne sur la route, encore moins sur ce chemin pédestre.  

J’ai donc fait mon Dimitri, démarrage à 4km/h sur des pentes de 10 à 20%, mais même malgré le départ tardif avec touefois un manque de sommeil, au bout du premier tiers, j’avais l’impression que mon cœur allait lâcher. Multiples mini pauses ! Je me suis dit, ça t’apprendra et puis qu’est-ce qui peut bien m’arriver, tout au pire m’arrêter et redescendre, mais une fois la difficulté surmontée, je n’en ai que mieux apprécié l’effet. L’absolution, le miracle, l’euphorie…

Ce chemin est rude, il traverse la forêt, il est d’abord précédé du Bovairon, sur lequel on est entouré de charmantes demeures, et déjà, ci et là de quelques plantes de buddleja, puis on traverse la forêt. Il est bien espacé, d’environ 2 mètres de largeur, terre meuble, herbes et gravillons fichés dans le sol, pas du tout glissant comme l’est en descente et par petits bouts la route du Flon, plus haut.  Puis le chemin forestier du Fossau, de même largeur ou moins par endroits. On a une très bonne luminosité et plus de charme que sur la route du Flon. La vue arrière sur la valée bien qu’étroite est jolie, il y a sur le tiers un belvédère de buddlejas, par moment on fait des découvertes surprenantes, qui du moins le paraissent quand on parcourt un chemin monotone. Un relais de contrôle de barrage hydroéléctrique, une ferme, de jolies vues sur le Fossau…et la cuvette lorsqu’on arrive au bout du chemin. On est bien en Suisse et en Valais. Le temps s’arrêtait par moment et je me mettais à avoir de riches pensées.

Je suis donc arrivé péniblement au bout des deux tiers du Fossau et contrairement à la deuxième randonnée, j’ai décidé de couper à droite vers la route, compte tenu de mon épuisement et pousuivi jusqu’au parking du Flon et grimpé la route raidedu Flon où je rencontrait enfin à nouveau la civilisation et quelques randonneurs . Dans cette montée, surtout au bout d’une heure, le temps s’est à nouveau arrêté. C’était le moment où, je commençais à prendre conscience de la valeur de l’existence et le point d’ancrage du point de vue à partir duquel j’allais raconter mon récit.

Le journal-récit

A quelque distances auparavant à un tournant menant à un chemin forestier ils m’ont demandé par rapport à l’eau de la fontaine à l’embouchure de ce chemin “non, si c’est écrit, c’est que c’est pas potable” j’ai répondu je crois et d’ailleurs plus tard j’ai pensé que peut-être pas et que leur question était motivée par un raisonnement économique justifié qui suppose que la plaque insérée dans la pierre , – d’ailleurs ambigue quant à sa valeur officielle lorsque j’y ai jeté un coup d’œil la semaine suivante, pas de sceau de la municipalité, avait pour rôle d’inciter à la consommation commerciale d’eau des bistrots en amont. Cette stratégie m’étonnerait un peu, bien que les choses changent également en Suisse, ou du moins remontent à la surface…et puis j’ai aussi pensé que dans certains pays même l’eau potable est 10 à100 fois plus polluée et avec regret puisqu’il n’ont finalement je crois pas bu, et que même avec un verre ils ne risquent probablement pas grand-chose surtout s’ils ne trouveront certainement pas de fontaine d’eau potable plus loin et que , très chargés, ils s’étaient probablement abstenus de se surcharger en eau. C’était je crois 2 couples de français, la trentaine, très détendus, dont les femmes plus robustes portaient des nourrissons ou des petits enfants en bandoulière, j’avais peu prêté attention. Valaisans, ils auraient été au point avec cette information.

Je n’ai quasiment rien écouté de ce qu’ils disaient quand je les ai croisé et que nous nous sommes salués et les ai assez brièvement observé, absorbé par la fatigue et des réflexions. A une autre bifurcation, un des garçons dit entre autres à une des filles, “Je te décharge si tu veux”, elles portaient les enfants à ce moment-là et depuis un bon moment je crois. Un peu plus haut, peut-être 20 à 30 minutes plus tard, une des filles m’a demandé conseil entre la route caillouteuse et le chemin de forêt à prendre. “C’est très mal renseigné, à mon avis la difficulté est pareille», alors que je me reposais sur une mini borne indicative, placée justement à l’entrée de ce chemin.  Quand les garçons sont redescendus et ont rejoint les filles et qu’ils sont passés à ma hauteur, finalement tous décidés à prendre le chemin forestier, peut-être pour l’excèdent de fraîcheur qu’il offrait ou pour diversifier, j’ai dit je crois textuellement et pour plaisanter « moi je ne vous décharge pas, je suis parti de Vouvry.. », ils ont souris ou brièvement ri “bravo ou courage..” etc. . Me suis dit aussi que peut-être pour plaisanter entre eux, ils ont dû évoquer l’idée de me demander mon aide, comme par bout, je montais comme un bouc avec les bons muscles que j’ai pris ..et les dépassais à vive allure.  Il n’y avait aucune raison à cela, je ne les connais même pas, et ça m’a paru drôle à moi-même.

Un couple de jeunes, dans la trentaine ou moins , très probablement français “de souche”, du moins plus “franc” qu’autre chose, tous deux minces et grands et plutôt malingre, en jeans long, châtains, aux habits indifférenciés des banlieusards, comme on le jugerait chez nous en tout cas ce style vestimentaire bon marché de couleurs beige ou noir, mais sans en avoir du tout l’air de banlieusards, peut-être étudiants ou nouvellement installés dans le Valais ou en vacances, quelque part semblable, sauf erreur intime, était aussi sur le chemin, peu expressifs au départ de la montée, je crois les mêmes qui sont sortis de leur voiture au parking quand je cadenassais ma trottinette mécanique. Plaque française, j’ai prêté à moitié attention, ma mémoire a eu un moment de confusion, étais non intéressé, peut-être en raison d’une hypoglycémie, du manque de sommeil, de refoulement….mais à y repenser il n’y avait sauf erreur pas d’autre couples seuls. Il arrive que quand on veut reconstituer les événements produits lors d’efforts intenses et continue sur un chemin monotone, avec une attention flottante, dans une immanence sans but, une confusion spatio-temporelle se crée.

Au parking, Ils observaient autour d’eux, sortant avec hésitation et tout lentement de leur voiture comme deux flamands et  comme on dit avec un air hagard, et je crois observant autour un bon moment et me regardant un peu interrogateur dans le moment où je cadenassais ma trottinette avec mon t-shirt à 3/4 trempe , ils ont du se demander qu’elle est la suite du programme, s’interroger sur le coût du parking mais aussi si j’avais déjà fait le chemin à pieds depuis Vouvry au bas de la montagne jusqu’au parking….?

Au parking, j’ai eu aussi la pensée, peut-être impertinente : “ils n’ont pas de consistance.”. Pas vraiment difficile, contre moi avec ma typologie bien plus sportive et orientale, mon t-shirt orange, mon regard perçant, mon air « blindé », – comme j’ai entendu faire une fois cette remarque à mon propos de la part d’une gardienne française de la piscine de Bellerive, et qui fais peur aux gens depuis toujours. Toutefois bien moins avec l’âge avançant et maintenant avec le bronzage estival et le bon teint et quelque part le visage détendu pris après 1 heure d’escalade et la nature bienfaisante qui me fait cruellement défaut. La preuve en est que tout le monde me salue, même si le contexte estival et le chemin de randonnée l’incite, alors que je ne donne pas vraiment de signe flagrant d’invitation à vouloir communiquer, sans tenir compte de la “nature libre” des français et valaisans ou de leur éventuel intérêt particulier à vouloir échanger…

Je les avais, après avoir attaché ma trottinette, redépassé à qq mètres du début de la montée, je n’ai là non plus rien écouté de leur conversation, mais ils avaient encore l’air d’hésiter et je me suis dit que probablement vue la raideur de la pente, ils se demandent s’ils vont y arriver, j’avais foncé devant eux.

Les informations relatives aux randonnées sont inexistantes ou impertinente, incomplètes, idiotes en Suisse, (la moyenne de la pente de la montée, si on fait le calcul est d’environ 15%, ce qui n’est qu’une moyenne !), comme il en est de certaines en France pour les Suisses, très certainement évidents pour eux, mais du moins renseigné par un quelconque blog. J’ai moi-même cherché un moment avant de m’énerver et de me dire que j’allais peut-être malgré mes peu de compétences, créer un simple algorithme de calcul ou simplement renseigner sur mon site diverses infos sur ce chemin de randonnée, sans penser à l’angoisse de l’indexation google qui encore me ferait chou blanc comme pour certains de mes écrits intéressants et inintéressants. Plus simple aurait été d’appeler, ça m’est arrivé dans le passé, ou de demander à n’importe quel valaisan dans la région pour être renseigné et pour l’eau et pour la montée, moi je ne m’en souviens plus. De mémoire, l’esprit du valais si je ne m’abuse, du moins d’il y a plus de 10 ans, c’est un esprit du sud, le temps a une notion différente, comme on pourrait le comparer avec le midi de la France ou même de la France en général, quand vous demandez des informations notamment sur une durée, une distance, vous avez souvent une réponse assez vague, bien loin de la précision helvétique.

Alors qu’ils étaient à 50-100m, – au moment où j’ai fait ma remarque avec une voie élevée aux deux couples de la trentaine, assis sur une borne ; je devais me poser régulièrement après plus de deux heures préalables d’escalade très éprouvant sur le chemin de Fosseau et ou je n’y ai rencontré personne, en plus de la route , je crois que la copine a souri en entendant ma sortie ” Je ne vous décharge pas…” ou peut-être pour une autre raison, vanne ou le fait qu’ils m’avaient rejoint, l’histoire de la fable du lapin de l’escargot, non de la tortue., peu importe , ..etc., il m’avait bien semblé qu’elle regardait dans ma direction. Elle ressemblait un tout petit peu à Cath., mon ex ex , grand amour que j’ai quitté pour mon ex et très probablement dernière, pour diverses raisons dont peut-être une déjà pressentie mais non consciente de perspective divergente de projet de vie, sans descendance pour moi et mon ex.

D’ailleurs en la circonstance, elle était la plus expressive, comme c’était aussi souvent le cas autrefois entre nous dans la perspective passée quand j’y pense, femme plus avancée à certains égards sur moi. Quand ils sont arrivés à ma hauteur elle a eu un prompt sourire exactement dans la même figure que celle des poulets du dessin animé Chicken Run, j’ai eu l’impression que c’était en miroir au mien, comme j’étais épuisé et me forçais un peu de sourire avec cette grimace ou peut-être pour me signifier “tu vois, rien ne sert de courir”…. mais ils avaient quand même l’air d’avoir de la peine, je les sentais peinés, d’ailleurs je m’en gaussais un peu, dans ma croyance en cette hypothèse je voulais le leur demander, mais je me suis dit qu’ils sont assez grand pour m’adresser la parole, j’en ai marre de devoir toujours faire le premier pas.. , et les autres couples m’ont interrogé deux fois de suite.., question de confiance en soi, de peur ?

Et puis je suis parti dans des délires mystiques, des coïncidences, des rencontres providentielles signifiantes ou fatalistes, ce que favorise l’environnement de vacances, pour ceux qui retombent dans des questions existentielles, sont dans un intervalle indéfini, recherchent ou non des solutions par la voie de l’intuition…etc. . Si la philosophie de Leibniz nous émeut tant, c’est qu’elle fait écho à notre interrogation sur des majeurs rencontres qui nous semblent providentielles ou fatales, peut-être même celles mineurs, si l’on s’interroge vraiment. Bon dans sa philosophie, le meilleur des mondes possibles est celui qui est réalisé, pour certains ça craint un peu. C’est ce qui lui vaut d’être jugé optimiste.

Le monde évoluant par essence selon des principes mécaniques, donc sans finalité prédéfinie, sinon volontairement recherchée, et les évènements complexes produits par l’assemblage de ces actions indépendantes, donc de résultats hasardeux, rien n’est donc certain à propos des rencontres providentielles ou fatales, tant que l’on a pas mis en place un protocole expérimental même dans ce domaine métaphysique qui peut trouver un fondement physique ondulatoire pour ceux qui comme moi sont athées et n’accordent que ce biais objectif et “matérialiste”, dont le résultat au mieux ne peut conduire qu’à un étonnement sans pouvoir conclure d’une quelconque loi?  On n’a que des anecdotes et des ouï-dire de révélations de rares voyants impressionnants, très souvent désintéressés, dont une connue en Valais.

Dans le registre des coïncidences, Il existe des preuves en sciences mathématiques de la raison statistique de la cooccurrence par 2 ou 3 des bus au même endroit sur un horaire pourtant bien planifié. D’ailleurs, quand je montais avec la trottinette sur la route, à au moins deux endroits, étant avisé sur ce fait et prévoyant, m’écartant rapidement de la bordure vers l’extérieur, je me suis retrouvé exactement au même moment avec deux véhicules en sens opposés juste à des étranglements de la route, dans les courbures en partie masqué par le flanc de la montagne. La deuxième fois j’ai eu un air de protestation avec un rire amusé “C’est pas vrai”, auquel le chauffeur du bus postal déjà recroisé et à qui j’avais demandé au terminus la direction du lac de Taney, m’a répondu par un sourire de compréhension.

J’ai toujours eu en rêve cette idée de tirer un principe de ces rencontres hasardeuses qui présentent un aspect providentiel ou fataliste, mais jamais mis en pratique, même de manière simple, et j’aurai dû le faire il y a bien longtemps quand je daignais encore m’écouter un peu et ne pas être absorbé par des projets et des tâches quotidiennes.

Jusqu’à quel point peut-on arriver à prendre conscience des chemins favorables ou des messages du monde pour notre évolution ou d’échanges mutuellement favorables, instructifs, ceci non pour le rendre tolérable, ce qui n’a aucun intérêt, pour cela il y la psychologie, la psychanalyse, une révolution majeure dirigée ou accidentelle dans notre vie…. Mais du moins pour retrouver le “flux du monde” qui nous guiderait, nous éclairerai mieux….sans tomber dedans et renoncer à sa propre éthique et projets, au contraire ou peut-être que oui, mais alors dans ce cas-là devenir un vrai existentialiste ce qui semble contradictoire du moins avec la théorie fataliste, peut-être moins avec les voies providentielles qui nous préserve notre chemin.

Une des difficultés majeures est aussi les obstacles que l’on doit dépasser pour ne pas se mettre dans une posture de fermeture obligée et la difficulté de faire dépasser à l’autre le schéma figé par lequel il se présente et nous voit, faute de quoi la relation se fige un rapport de sujet ancrés, une confrontation de personnalités. L’ennui avec l’existentialisme pragmatique, c’est que d’abord il recommande au plus haut point la liberté, si je me mets à discuter de manière authentique et librement des heures avec quelqu’un, mon programme et mes projets de vie, auxquels je tiens ou me sont nécessaires s’en trouvent menacés. L’échange imminent et opportun (celui qui est significatif pour les deux) nécessiterait peut-être des heures, voir des jours pour qu’il porte ses fruits, ce qui est incompatible avec une possibilité pragmatique, si on ne s’est pas réservé un temps consacré à y parvenir.

J’en parle alors que je suis moi-même psychiquement assez “déconnecté” du monde, du moins blindé comme on dit dans la théorie de la résonnance magnétique nucléaire pour le champ magnétique imposé, réduit par la présence d’un électron, je fais écran au champ environnant. D’ailleurs quel intérêt d’être “connecté”, pour tourner en rond c’est idéal oui… Le premier chemin à prendre est très probablement celui ouvert par notre intuition, qui peut nous guider par des signes sur les rencontres qu’il nous faut recevoir, du moment que l’on daigne vouloir s’écouter, que l’on décide de prendre le temps de s’écouter ou y parvient en sortant du cycle éternel de faire pareil et penser pareil…. Je devrai commencer par-là, en tout cas c’est l’occasion idéale avant de retomber dans la routine, c’est du moins le message que je tire de cette “aventure” et qui revient d’ailleurs de manière plus imposante chaque été. Apprendre ou réapprendre à attiser son troisième œil. Mais au fond je pense que je ne le veux pas vraiment..

A 50 ans ++, il est peut-être temps de s’y coltiner. L’ennui, c’est que je ne me pose jamais vraiment la question, il m’arrive même de ne pas m’en rappeler, sauf quand on me le demande, ce n’est pas nouveau et puis je n’en ai rien à cirer, je crois à l’oxydation, aux télomères raccourcis, mais peu à la mort, ..

Je ne me pose pas non plus la question comment et quand arrivera-t-on à prolonger de 500% notre longévité et en pleine forme comme le fond certains animaux, ce qui à mon avis est théoriquement possible. Mais je suppose que si j’arrête de regarder des films débiles après le piano ou le violon et me mets plutôt sérieusement à analyser l’Être et le Néant, un rêve, à dévorer moins et que le soir et faire plus souvent des randonnées, des voyages par quoi je parviens à me rencontrer, me reconnecter à moi-même comme on dit, retrouver le salut et mon âme, et par conséquent très certainement mieux dormir, c’est peut-être déjà une piste pour y parvenir.

Bref retour sur la randonnée, J’ai recroisé un des types du groupe des deux couples, juste à l’entrée du chemin qui mène au lac,  il m’a dit à peu près ” ah vous avez nagé, elle est bonne .?.” j’ai baragouiné qch comme “oui, le fond est trouble, mais il n’y a pas de requin “,  espiègle, comme j’ai vu qu’il avait une petite fille de peut-être 3-4 ans alors réveillée et marchant à son côté, dont je n’avais remarqué la présence avant et qui devait être portée empaquetée et peu visible par une de mamans. A-t-on conscience des requins à cet âge ?

Il était temps de rentrer, un long chemin ; sur le chemin du Flon assez pénible à la descente dont on se réjouit de voir le bout arrivé au parking, une descente en trottinette mémorable sur la route jusqu’à Vouvry , dans la douceur du soir, avec l’humididité bien particulière de ces contrées, de légers parfums de plantes et de l’herbe, la route étant plutôt agréable sur roue dur en slalom avec peu de fréquentation vers les 19h. Puis retour pénible en trains avec un détour par Saint-Maurice et par erreur, j’avais oublié que la ligne vers Lausanne ne passe pas par Monthey. Enfin escale à Montreux Jazz pour y manger effondré deux savoureux plats indiens sans un ami enseignant que j’ai invité à venir mais qui a toujours le chic de prendre un mandat de dépannage en début des vacances (un vendredi soir !?) et qui tient sa promesse à venir une fois sur trois, surboocké, par sa faut d’ailleurs.

Enfin voilà cet épisode qui se referme, même s’il y aurait encore beaucoup de choses à raconter.

Mercredi 14 août 2024, SR

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